
Plus bio que le bio, la viticulture en biodynamie gagne du terrain06/06/2011
Preuve de cet intérêt, un premier négociant en vins biologiques et biodynamiques vient de s'installer à Bordeaux. « Le but de la biodynamie n'est pas d'être seulement soucieux de l'environnement mais de rendre au vin le goût du lieu », résume Nicolas Joly, président du groupement « Renaissance des appellations » qui fédère quelque 200 viticulteurs en biodynamie dans le monde.
Pour ce viticulteur de la Coulée de Serrant, près d'Angers, vignoble en biodynamie depuis près de 20 ans, « le consommateur a le droit de savoir si le goût de son vin est celui du lieu ou de la technologie mise en place par l'oenologue ». Pourfendeurs des « technologies de chais » coûteuses, mises en place par les tenants de la viticulture dite traditionnelle et utilisant des levures aromatiques, les viticulteurs en biodynamie entendent n'apporter « aucune modification de goût au cellier » afin de « revenir au sens profond des Aoc », indique M. Joly.
La biodynamie entend ne jamais « traiter » la vigne. « La levure » présente sur les grains de raisin « fait partie du terroir comme le climat et le sous-sol », souligne Marc Angéli, vigneron de la Ferme de la Sansonnière, dans la Loire. « Désherber avec des produits chimiques prend deux jours par an, moi je laboure » avec un cheval « et ça me prend deux mois. Ce n'est pas le même métier ».
Moins connue que la viticulture biologique, qui utilise des biocides naturels, la biodynamie entend ne jamais « traiter » la vigne, mais oeuvre à la renforcer pour lutter contre de possibles attaques parasitaires. Cette pratique s'apparente même à de l'homéopathie pour la vigne, on laisse proliférer certains herbes et insectes entre les ceps. D'autres viticulteurs favorisent l'arrivée d'oiseaux qui éliminent les nuisibles. « Il n'y a pas de technique mais de l'observation fine, une compréhension des caratéristiques de l'année », indique Claire Laval, viticultrice au Château Gombaude Guillot dans le Bordelais. « Mon but est d'essayer de faire un vin qui raconte son année de naissance, honnêtement », dit-elle. « Je nous considère comme des résistants et je vois dans les autres viticulteurs en biodynamie des frères d'armes », sourit M. Angéli, qui ne cherche pas à récolter plus de de 30 hectolitres par hectare « sinon ça dilue le goût ».
Source : http://www.agrisalon.com - article du 3 juin 2011 (AFP) |
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