
La France redevient le premier producteur mondial de vin14/11/2011
Les professionnels français du vin ont le sourire. Cette année, la France est en train de retrouver la couronne de premier pays producteur de la planète qu'elle avait cédée à l'Italie en 2007. Un nouveau chassé-croisé entre les deux pays qui se disputent historiquement la première place mondiale. Les estimations fournies hier par l'Organisation mondiale de la vigne et du vin (OIV) sont nettes. Côté français, la production devrait grimper de 9 % à 10 % par rapport à la faible récolte de 2010, pour frôler 50 millions d'hectolitres. Le meilleur chiffre depuis quatre ans. La France vit « une très belle année », reconnaît, beau joueur, Federico Castellucci, le volubile Italien qui dirige l'OIV.
Réduction des vignobles
L'embellie est surtout due à la météo. Cette année, « il a plu où il fallait et quand il fallait », résume-t-on à la confédération des coopératives vinicoles de France. La plupart des vendanges ont débuté en avance. La production devrait ainsi bondir de 35 % en Alsace et de 22 % en Languedoc-Roussillon, deux régions où le climat a été particulièrement clément, prévoit le ministère de l'Agriculture. De quoi mettre du baume au coeur des viticulteurs tricolores, après trois années difficiles qui avaient mis à mal leur trésorerie. La météo favorable a plus que compensé la réduction du vignoble français. Ce mouvement, engagé depuis 2005, a été accéléré par le plan d'aide communautaire à l'arrachage destiné à éviter la surproduction et à favoriser la montée en gamme de la viticulture européenne. Quelque 24.000 hectares de vigne ont été arrachés en France en trois ans, en Languedoc-Roussillon pour l'essentiel. Situation différente en Italie. Là aussi, le vignoble a été amputé par l'arrachage, et plus encore qu'en France. A cela s'est ajoutée, notamment en Sicile, la destruction des grappes de raisin encore immatures. Ces « vendanges en vert », selon l'expression consacrée, bénéficient également de subventions. Et il n'y a pas eu de miracle météorologique, au contraire. Résultat : la production italienne devrait chuter de 13 %, à seulement 42 millions d'hectolitres, selon l'OIV. Soit la plus faible récolte depuis soixante ans. Seule compensation pour les viticulteurs italiens : cette réduction de l'offre se traduit par une hausse des prix du raisin et du vin. Les Italiens ne sont pas seuls pénalisés. La production s'annonce également en baisse en Grèce (-17 %), au Portugal (-17 %) et en Espagne (-2 %). A l'inverse, l'Allemagne et l'Autriche bénéficient de remontées spectaculaires (environ + 30 %).
Incertitude sur la consommation
L'un dans l'autre, l'OIV s'attend à ce que la production mondiale soit à peu près stable cette année. Reste à savoir si tout ce vin trouvera preneur. L'organisation internationale s'interroge. En 2008 et 2009, la crise avait entraîné une baisse de la consommation mondiale de vin. Elle est repartie à la hausse en 2010. Mais « la conjoncture depuis cet été laisse planer un doute sur la solidité de cette reprise », commente Federico Castellucci. Dans le pire des scénarios établis par l'OIV, les ventes mondiales pourraient retomber de 3 % cette année.
Source : http://www.lesechos.fr - le 9 novembre 2011 par Denis Cosnard |
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